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Décarbonation de la supply chain : comment réduire les émissions Scope 3 liées au transport et aux fournisseurs ?

Décarbonation de la supply chain : comment réduire les émissions Scope 3 liées au transport et aux fournisseurs ?

Décarbonation de la supply chain : comment réduire les émissions Scope 3 liées au transport et aux fournisseurs ?

Pourquoi la décarbonation de la supply chain et des émissions Scope 3 devient stratégique

La décarbonation de la supply chain s’impose comme un enjeu central pour les entreprises soumises à une pression croissante des régulateurs, des clients et des investisseurs. Si les émissions directes (Scope 1) et celles liées à l’énergie achetée (Scope 2) sont désormais mieux maîtrisées, ce sont les émissions de Scope 3, et en particulier celles liées au transport et aux fournisseurs, qui pèsent le plus lourd dans le bilan carbone.

Selon de nombreuses études, les émissions Scope 3 peuvent représenter entre 70 % et 90 % de l’empreinte carbone totale d’une entreprise industrielle ou de distribution. Transport routier, maritime, aérien, logistique du dernier kilomètre, production des matières premières, emballages, sous-traitance : l’ensemble de ces activités se situe en dehors du périmètre direct de l’entreprise, mais reste nécessaire à la mise à disposition du produit ou du service final.

Réduire ces émissions exige une approche globale de la décarbonation de la supply chain, combinant innovation logistique, travail étroit avec les fournisseurs, choix énergétiques, pilotage de la donnée et intégration de critères environnementaux dans les décisions d’achat et d’organisation des flux.

Comprendre les émissions Scope 3 liées au transport et aux fournisseurs

Les émissions Scope 3 recouvrent l’ensemble des émissions indirectes générées en amont et en aval de l’activité d’une entreprise. Dans le cadre de la logistique, deux catégories sont particulièrement structurantes :

La difficulté principale tient à la disponibilité et à la fiabilité des données. Les chaînes logistiques sont souvent complexes, globalisées, et impliquent des réseaux de sous-traitants en cascade. Pour progresser, les entreprises doivent d’abord cartographier leurs flux, identifier les postes émetteurs prioritaires, et structurer un dispositif de reporting carbone aligné sur les référentiels reconnus (GHG Protocol, ISO 14064, CSRD, etc.).

Mesurer pour agir : piloter la décarbonation de la supply chain par la donnée

Toute stratégie de décarbonation du transport et des fournisseurs commence par une phase de mesure et de structuration de la donnée carbone. L’objectif est de quantifier, par type de flux et par partenaire, l’empreinte carbone des opérations logistiques :

Cette démarche de mesure s’appuie de plus en plus sur des solutions digitales dédiées à la traçabilité carbone dans la logistique, capables d’agréger les données issues des TMS (Transport Management System), WMS (Warehouse Management System) et des plateformes de visibilité temps réel. Une fois le diagnostic établi, il devient possible de prioriser les actions de décarbonation sur les flux les plus émetteurs.

Optimisation des flux logistiques : un levier essentiel pour réduire les émissions du transport

Avant même de parler changement d’énergie ou de technologies, l’optimisation des flux reste le premier levier de réduction des émissions Scope 3 liées au transport. Une meilleure conception de la chaîne logistique permet souvent de diminuer significativement les kilomètres parcourus et d’augmenter le taux de remplissage des véhicules.

Parmi les principaux axes d’optimisation logistique :

Ces actions logistiques ont un double effet : réduction de l’empreinte carbone et amélioration de la performance économique (baisse des coûts de transport, diminution des délais, meilleure fiabilité). Elles constituent souvent la première étape « à retour sur investissement rapide » d’une stratégie de décarbonation de la supply chain.

Choisir des modes de transport plus sobres en carbone

Le choix du mode de transport est un facteur déterminant dans l’empreinte carbone de la supply chain. À distance équivalente, le transport maritime, fluvial ou ferroviaire émet beaucoup moins de CO₂ par tonne-kilomètre que le transport routier ou aérien. La massification et le report modal représentent donc un levier essentiel.

Plusieurs pistes se dégagent :

L’anticipation des besoins, la planification des approvisionnements et une meilleure collaboration avec les fournisseurs sont ici des éléments clés pour sortir de la logique d’urgence permanente, souvent génératrice de transports plus carbonés.

Énergies alternatives et véhicules bas carbone dans le transport routier

Pour les segments où le transport routier reste incontournable, la décarbonation passe par l’évolution progressive du mix énergétique et des motorisations. Les transporteurs explorent plusieurs solutions : véhicules électriques à batterie pour la distribution urbaine, biogaz (bioGNV), carburants alternatifs (HVO, biocarburants avancés), hydrogène dans certains cas d’usage.

Pour les chargeurs, intégrer ces solutions dans la stratégie de développement durable de la supply chain implique :

La transition énergétique du transport routier est progressive et dépend du contexte réglementaire, des infrastructures disponibles et de la maturité technologique. Toutefois, intégrer dès maintenant ces dimensions dans les décisions d’achats transport permet de préparer une supply chain plus résiliente et moins exposée aux futures contraintes carbone.

Engager les fournisseurs dans la décarbonation du Scope 3

La réduction des émissions Scope 3 liées aux fournisseurs repose sur une démarche de collaboration et de co-construction. Il ne s’agit pas seulement de transférer la responsabilité en exigeant des chiffres, mais d’installer un dialogue structuré sur les trajectoires de réduction d’émissions.

Parmi les leviers les plus fréquemment mobilisés :

La transparence et la standardisation des données carbone fournisseurs deviennent également un enjeu pour satisfaire aux futures obligations de reporting extra-financier (CSRD) et répondre aux attentes des marchés. Les plateformes collaboratives et les outils de partage de données de durabilité se diffusent progressivement dans les chaînes d’approvisionnement.

Éco-conception, emballages et circularité : des impacts directs sur le Scope 3

La décarbonation de la supply chain ne se limite pas au transport et aux fournisseurs de services logistiques. Le design même des produits, des emballages et des flux physiques influence fortement l’empreinte carbone globale. Une démarche d’éco-conception adaptée à la logistique permet de réduire à la fois le poids, le volume et les déchets générés.

Plusieurs axes structurants émergent :

En jouant sur ces paramètres, les entreprises peuvent agir simultanément sur la réduction des émissions Scope 3, la diminution des déchets et parfois la réduction des coûts d’emballage et de transport.

Gouvernance, indicateurs et collaboration : les fondations d’une supply chain décarbonée

Réduire les émissions Scope 3 liées au transport et aux fournisseurs nécessite une transformation en profondeur de la manière dont la supply chain est pilotée. Il devient indispensable de :

La réussite d’un projet de décarbonation de la supply chain repose enfin sur la capacité des entreprises à articuler innovation technologique, transformation des pratiques opérationnelles, évolution des relations avec les partenaires et maîtrise de la donnée. Dans ce cadre, la logistique n’est plus seulement un centre de coûts, mais un véritable levier de compétitivité durable et un instrument clé de la transition environnementale des organisations.

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